SUR LE CHEMIN DE ST JACQUES JOUR 1
Une des facettes de ma personnalité est que je déteste la routine et que j'ai besoin que les choses bougent et aussi me dépasser pour renforcer mon estime de moi-même mais surtout faire taire ma petite voix intérieure qui parfois a tendance à me faire oublier que je suis capable de bien plus de choses que je ne le pense. En cette fin d'été, j'ai décidé d'expérimenter une nouvelle expérience en partant marcher seule sur le chemin de St Jacques. Nous partîmes à 4 pour me retrouver à cheminer seule au bout de quelques jours, mais je reviendrai sur le pourquoi du comment un peu plus tard. Mon premier séjour sur le chemin de St Jacques, je l'ai effectué il y a 2 ans pendant une semaine. Ce séjour clé en main où nous étions 6, fut une aventure humaine extraordinaire. Un espace de sororité et de soutien incroyable. Cette année c'était différent, depuis plusieurs mois je ressentais un besoin viscéral de me reconnecter à moi, de me retrouver en tête à tête avec moi-même. J'ai laissé l'idée germer et comme d'habitude, je me suis décidée à la dernière minute. J'ai contacté la personne qui avait organisé la retraite il y a 2 ans, et elle m'a annoncé qu'il restait de la place pour la session de fin août, je me suis donc greffée aux 2 personnes déjà embarquées dans l'aventure. Nous avons pris le temps de faire connaissance avant de partir afin de vérifier nos atomes crochus. Après une dernière vérification de mon sac à dos, ma check-list en main pour être sûre de ne rien avoir oublié, je rejoins les filles à la gare de Lille le 29 août direction AUMONT AUBRAC pour rejoindre Nasbinals point de stop de ma dernière expédition.
Pour la première fois de ma vie, j'ai pris un billet aller sans retour chose que je ne fais jamais, me laissant porter par la vie et la magie du chemin. Lorsque j'ai rencontré mes compagnes de voyage la première fois, leurs billets étaient bookés depuis plusieurs mois et nous ne nous sommes pas coordonnées pour être proches et voyager ensemble. Lorsque nous arrivons à la gare, elles m'annoncent qu'elles ont reçu une notification la veille et nous découvrons avec amusement que nous sommes dans la même voiture. Arrivées sur le quai nous avançons vers celle-ci puis nous montons à bord à la recherche de nos places, et qu'elle ne fut pas notre surprise de découvrir qu'elles étaient les sièges justes derrière moi. Ce clin de la vie, sera le premier d'une longue série tout au long de mon voyage. Après un changement de gare à Paris, nous prenons un TER (mieux équipé et plus confortable que le TGV, avec même un service à bord de boissons chaudes et d'en-cas comme dans les avions) direction Clermont-Ferrand, puis un bus pour atteindre notre destination finale. Arrivées sur place, notre organisatrice nous fait la surprise de nous accueillir, mais le plus fou c'est qu'en nous attendant, pour patienter, elle a fait connaissance d'une charmante dame qui attendait elle aussi une amie, et celle-ci nous a gentiment déposées à notre gîte nous évitant ainsi de devoir porter nos sacs et d'arriver en retard pour le repas servi à 19 h.
Pas le temps de nous poser, ni de découvrir nos chambres, on nous installe à table avec d'autres pèlerins... Les discussions vont bon train. D'où venez-vous ? Est-ce votre première expérience sur "El Camino" ? Combien de temps marchez-vous ? Jusqu'où allez-vous ? Le contact se fait aisément et l'ambiance est chaleureuse. Après un apéritif local, nous dégustons, une salade en entrée, puis le fameux aligot avec de la viande d'aubrac, suivi d'une coupétade (une spécialité de la région d'Aubrac qui ressemble un peu à du pain perdu avec des raisins et des oeufs), vraiment délicieux.
Après des discussions animées, nous regagnions notre chambre partagée, pour prendre une bonne douche et se reposer. Les filles décident d'aller faire le tour du village alors que moi, je prends le temps de prendre soin de moi. Après une douche réconfortante, je prends le temps de m'occuper de mes pieds. Dès demain, ils seront mon véhicule privilégié. Comme bon nombre d'entre nous, souvent nous n'y prêtons même pas attention. Engoncés dans des chaussures à longueur de journée, rares sont les moments où nous en prenons soin. Sur le chemin, c'est différent la moindre cloque, et le voyage ne prend pas la même tournure. Notre remède miracle est le NOK, crème anti-échauffement que l'on applique généreusement sur les pieds pour soulager et anticiper les petits bobos.
Une fois prête pour la nuit, je m'empare de mon masque de nuit, un indispensable pour passer une bonne nuit et ne pas être dérangée par les allers et venues de mes compagnes de chambrée.
